Ecouter Dieu (2/3) : L’exemple de Matthieu 4

Je reviens un peu plus sur la question :
Comment savoir si c’est LUI qui parle? Ou ma culture, mes convictions, mon éducation? Ma conscience, ou l’esprit du temps ? Mes émotions, mes blessures ?

Ce n’est pas facile, je trouve. C’est tout un apprentissage. Mais le plus important, c’est de commencer cet apprentissage : c’est en faisant qu’on apprend! Et c’est passionnant!

Je prends le texte de Matthieu 4 comme exemple de comment Jésus s’y est pris pour discerner si une proposition/idée /pensée venait de Dieu ou … pas. Ce texte parle des pièges. Décourageant, tout au début de son ministère ?! Mais souvent c’est en décidant comment Dieu ne parle pas qu’on arrive à discerner comment Il parle!

Apparemment ce n’est pas parce qu’on se met à l’écoute de Dieu, que tout ce qui arrive vient de Lui. Matthieu 4 nous raconte que Jésus avait jeûné et prié, il était pour ainsi dire super disponible. Et qui c’est qui se pointe? L’adversaire – pour le piéger. Avec des textes bibliques, en plus! C’est donc la part humaine de faire le tri. Selon quels critères ?  -Regardons comment Jésus a fait pour discerner. 


1) Il est dans une communion totale avec Dieu, son Père. Il Le cherche constamment, pour qui IL EST, non pas pour le bien qu’Il pourrait amener, aussi légitime qu’il soit, pour lui-même ou pour quelqu’un d’autre : du pain  –  un coup d’ « évangélisation » super efficace  –  ou une dose de pouvoir qui lui aurait permis de faire peut-être beaucoup de bien ! Au fond, Matthieu 4 montre comment Jésus fait pour obéir au tout premier commandement : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et avec toute ta force », Deutéronome 6, 5  –  repris par Jésus en Matthieu 22, 37 – 38, où il ajoute … l’intelligence ! Il aime Dieu en le reconnaissant et en se positionnant sur qui Il est.

Cette connaissance et reconnaissance de Dieu permet à Jésus de chercher uniquement SA Volonté et non pas la sienne, car il ne s’agit pas de « il faut », mais c’est une question de confiance.  Tous les Evangiles témoignent de sa manière de garder les yeux constamment fixés sur son Père. Ce n’est pas pour rien qu’au début de son ministère Jésus est poussé (par l’Esprit!) à se positionner sur QUI EST DIEU : toutes ses paroles et toutes ses actions découlent de .

2) Comment Jésus connaît Dieu ? On voit ici qu’il s’est trempé dans les Ecritures. Luc 2, 40 – 52 raconte qu’à 12 ans il impressionnait les professeurs, les experts de l’époque.

3) Cela veut dire qu’il connaît l’ENSEMBLE des Ecritures, pas juste quelques versets tirés de leur contexte. C’est pourquoi il bat satan avec sa propre arme : »Il est aussi écrit … ». 

4) Il choisit des priorités dans ces textes qui parlent de Dieu et la relation qu’Il a envie de vivre avec Ses êtres humains. Car dans une relation vivante une parole devient plus appropriée qu’une autre, par rapport à des situations, des personnes et des arrière-plans qui changent. 

5) Il cherche toujours les critères de Dieu, jamais ceux des humains. 

a) Il cherche, non pas le succès, la satisfaction immédiate de ses besoins, la réponse rapide et facile et un peu magique pour enlever un mal-être, une douleur:
« Fais-toi du pain de ces pierres! »
Mais il renvoie vers Dieu le Père, qui a dit que l’humain vivra D’ABORD, essentiellement, de la nourriture de SA parole. Ce Dieu qui veut être aimé à travers l’écoute de l’être humain, qui met en pratique Sa parole.

En plus, Jésus veut faire uniquement ce qu’il voit faire son Père (Jean 5, 19). Et Dieu n’a pas l’habitude de faire du pain des cailloux…

b) Il cherche, non pas sa gloire personnelle, de l’événementiel, un one-man-show super efficace pour convaincre la foule et faire beaucoup d’adeptes : « Saute! »
Il renvoie vers Dieu le Père, qui a dit qu’il ne fallait pas Le mettre dans notre moule en testant Son efficacité selon nos critères. Ce Dieu qui veut être aimé à travers la confiance que l’être humain Lui fait.

c) Il cherche, non pas son pouvoir personnel, même pour les meilleurs objectifs du monde ! Uniquement la Volonté du Père, qui a dit que Lui seul mérite qu’on se prosterne devant Lui, Lui seul mérite le cœur humain, cette toute première place. Ce Dieu qui veut être aimé par notre vraie adoration : non pas pour quenous recevions quelque chose, mais parce que :parce qu’on a reconnu qui Il est, comment Il est.

d) Comme je disais déjà sous 3), Jésus met donc la pensée, la parole du tentateur dans le contexte de toutel’Ecriture, de ce qu’elle dit sur Dieu et l’humain et la relation entre les deux. En se positionnant ainsi, il définit le cadre pour tout son ministère : en balayant les faussesimages sur Dieu, Jésus proclame comment Il est réellement, son Père : « Non, Il n’est pas comme tu le suggères ! Il est tout le contraire ! Je sais -c’est mon Père ! »

 Ce fil rouge de la Vérité sur Dieu est donné dès le début. Et annonce donc aussi déjà la confrontation, inévitable, qui va en résulter : qui dit « Vérité », dérange !

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Y a-t-il d’autres critères dans le tri de ce qu’on pense entendre de Dieu ?

Oui, mais pour ne pas faire trop long j’ajoute juste encore deux :

-Ensemble on entend et on discerne mieux. Mais attention ! Cela ne veut pas dire que « la majorité a raison » ! Dieu a très clairement parlé à travers des prophètes qui étaient le plus souvent tout seul contre une majorité. 
N’empêche que Jésus a promis sa Présence là où deux ou trois sont rassemblés en son nom (Matthieu 18, 20). Et le fait d’écouter les autres, de comparer, de mettre ensemble, permet souvent de discerner un fil rouge qu’on n’aurait peut-être pas vu tout seul.

-Quand Dieu parle, Il aime insister, confirmer, revenir sur le sujet. 
Cela peut nous décrisper : s’Il dit quelque chose aujourd’hui, Il dira la même chose demain.

Voilà, c’est un début ! Pour résumer un peu :

– Vivons une communion toujours plus intime avec Dieu. Osons grandir dans cette communion, explorer l’identité de Dieu, son « caractère « … Allons toujours plus loin sur le chemin que Lui nous indique. Oui, aussi si c’est inconnu et donc risqué. Oui, aussi quand on y perd des plumes…

– Cherchons Dieu pour qui Il est, non pas ce qu’Il va (doit?!) « produire ». « Seigneur, viens, tel que tu es. Sois la bienvenue, sois juste là, sois Toi-même! »

– Cherchons Sa Volonté, pas la nôtre. « Seigneur, non, ne bénis pas nos projets, montre-nous les Tiens! »

– Trempons-nous dans la Bible, nourrissons-nous d’elle, piochons les textes, n’attendons pas d’être « motivés »… Dieu a choisi de Se révéler en elle, ne pensons pas savoir mieux que Lui!

– Soyons comme des enfants qui savent qu’ils doivent tout apprendre, mais ne soyons pas naïfs. Apprenons à bien réfléchir, notre intelligence est un don de Dieu, mais elle doit Lui être soumise pour bien fonctionner, quand il s’agit des choses « d’en haut », du Royaume.
Et surtout, souvenons-nous qu’il y a un adversaire réel qui veut nous piéger…réellement. Et qu’il est expert en cela …


– Cherchons à entendre et comprendre quelle parole est appropriée pour quelle situation. L’Esprit Saint peut être –  ou devenir !  –  extrêmement précis.

– Ne cherchons jamais une chose, aussi belle soit-elle, pour elle-même, comme but en soi.

Que ça soit Evangile-en-chemin ou un autre ministère, que ce soit le projet le plus magnifique et le plus louable … ce ne sont PAS des buts en soi. Si on les regarde comme cela, ça va forcément déraper, un jour. Dans la vraie obéissance à Dieu, TOUTE action doit être seulement un résultat, une suite, une conséquence de notre recherche de Jésus et de son Royaume. Cherchons-le pour qui il est. Toute chose nous sera donnée avec lui, en lui. 

– Cherchons, écoutons ensemble, mais ne suivons pas nécessairement la majorité des voix!

– Si nous pensons avoir reçu quelque chose de Dieu, demandons-Lui de la confirmer.

– Jésus ne se trompait pas. Ses disciples tout le temps! Soyons d’accord de pouvoir nous tromper quand nous essayons d’écouter et d’entendre Dieu, notre Père, son Fils, Jésus-Christ, par l’Esprit qu’Il nous a promis.

Ce qui compte, c’est qu’on cherche  –  on finira par trouver !